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Mgr Jean AMESLAND

Mgr Jean AMESLAND (1928-2007).

 

 

Dans un instant, nous allons dire un dernier adieu au Père Jean Amesland.
Quelques mots auparavant, j'en dirai quatre :

• Le premier mot,
pour excuser deux absences  : celle de notre évêque, Monseigneur Breton , et celle de notre ancien évêque, Monseigneur Sarrabère ; le premier, pour raison médicale et, le second, parce qu'il n'a vraiment pas pu venir nous rejoindre. Tous les deux m'ont demandé de dire leur grande proximité de prière en ce moment...

  • d'abord à vous, Madame Borris et à votre famille, cela va de soi... Vous le savez, Madame : vendredi soir, quand notre évêque a visité Jean et prié avec lui, il a reçu de Jean sinon le dernier, du moins l'un de ses derniers sourires... et ce sourire était un encouragement explicite pour traverser l'épreuve de santé que notre évêque vit ces jours-ci. Notre évêque lui en a dit merci, en lui disant aussi adieu. Nous étions deux témoins de ces minutes de grande et simple intensité ;
  • mais aussi à tous les prêtres et diacres qui perdent un frère, aux choristes et aux musiciens qui perdent un ami et un maître, et à toute l'assemblée dont ils étaient sûrs, l'un et l'autre, qu'elle serait nombreuse et priante.


• Le deuxième mot,
bref mais intense, pour dire merci à Monseigneur Pierre Molères, d'avoir annulé l'engagement qu'il avait pris en ce jour de Saint Benoît, pour être avec nous et pour transformer notre peine et notre espérance en eucharistie. Merci, Père. Vous savez que, ici, beaucoup partagent très fort, dans la prière, les joies et les épreuves de votre ministère épiscopal.


• Le troisième mot,
pour demander pardon. Beaucoup, à des titres divers, auraient pu prétendre dire aujourd'hui publiquement merci au Père Amesland pour ce qu'il a fait avec et pour leur association, leur chorale, leur mouvement. Deux seulement le feront dans un instant :

  • au nom de la famille du Père Amesland, son neveu Pierre Borris  ;
  • au nom de tous les autres (et je le remercie de sa venue et de sa grande amitié) : le Père Pierre Barthez . Prêtre du diocèse de Toulouse, il est le directeur du « département Musique liurgique » au Service National de Pastorale liturgique et sacramentelle de la Conférence des évêques de France.


• Le dernier mot,
c'est le compagnonnage avec le Père Amesland qui me le suggère. Car pour avoir beaucoup travaillé avec lui, je sais quelles difficultés il a courageusement affrontées et quelle persévérance il lui a fallu pour ouvrir notre diocèse à la participation « pleine, consciente, active » de tous, que nous a demandé le concile Vatican II en matière de prière et de liturgie. Sans rien renier des trésors du passé qu'il connaissait à fond, il se risquait donc aussi à créer. Par fidélité ; et pour servir l'avenir. Grâce à Jean d'abord (d'abord... mais pas seulement), notre Église diocésaine sait et aime se rassembler pour célébrer son Dieu sur de la beauté, dans la forme ordinaire de sa liturgie. Nous continuerons la tâche. Christ est devant. Et l'avenir de notre Église aussi.

P. Bernard Hayet,
vicaire général.

 

Obsèques du P. Jean AMESLAND
Cathédrale de Dax
11 juillet 2007

  • Apocalypse 15 et 19 - Le Cantique de Moïse et de l'Agneau

  • Luc 2 - Le Cantique de Siméon

 

Dans ce qu'on appelle les Évangiles de l'enfance, propres à saint Matthieu et à saint Luc, celui-ci, Luc, est le seul à nous donner un long récit de l'Annonciation, de la Visitation, de la naissance de Jean Baptiste, de la naissance de Jésus et de sa présentation au temple, quarante jours après.

Saint Luc est également le seul à rapporter, dans son chapitre 2, trois chants d'action de grâce et de louange envers Dieu.

  • Pour la naissance de Jean Baptiste, son père Zaccharie qui retrouve la parole prononce le Benedictus  : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël : il visite et rachète son peuple ». Avec Jean Baptiste, c'est l'annonce du salut tout proche et du Messie prêt à se manifester. C'est l'aube du salut : « Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ». Voilà pourquoi on dit ou on chante le Benedictus aux premières heures du jour, dans la prière liturgique de l'Église : le chant des louanges matinales.
  • Luc nous donne ensuite le chant d'action de grâce de Marie, chez Élisabeth, le Magnificat. Le salut est déjà là, en la personne de Jésus conçu et pas encore né. Le Messie est présent en sa mère. Action de grâce pour le Sauveur donné. Le chant du Magnificat culmine dans la prière du soir : les vêpres.
  • Luc nous donne encore un troisième chant d'action de grâce, beaucoup moins connu que les deux précédents. Quand Jésus est présenté au temple, quarante jours après sa naissance, il y a là un vieillard appelé Syméon. « Il était juste et pieux ; il attendait la consolation d'Israël ». Il voit l'enfant, il le prend dans ses bras et il bénit Dieu, c'est-à-dire, au sens étymologique, « il dit du bien de Dieu ».

« Maintenant, ô Maître Souverain, laisse aller ton serviteur en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu ton salut que tu as préparé à la face de tous les peuples ».

C'est le passage de l'Évangile que nous venons d'entendre. En la personne de Jésus enfant, le Salut d'abord annoncé, puis donné, est enfin définitivement réalisé. « Mes yeux ont vu ton salut ». Syméon peut mourir en paix et, selon la belle expression de la Bible, « être réuni à ses pères ». Nous récitons ce chant d'action de grâce dans l'office des complies, quand la journée est achevée et qu'on s'apprête à se coucher pour s'endormir sous le regard de Dieu.

Je suppose que le Père Amesland avait dû être fasciné par ce cantique du vieillard Syméon. Il l'avait médité et ruminé. Il s'était relevé d'une première atteinte de son mal et avait connu une assez longue rémission de plusieurs années. Avant de rechuter en décembre, l'an dernier, il avait eu le temps de mettre en musique le Cantique de Syméon ; composé à l'abbaye de Tournay en 2005, il a été chanté expérimentalement, au cours d'une session d'été, en 2006, l'une de ces célèbres sessions de musique qu'il avait crées dans les années 1970 et qu'il donnait à Bayonne et en Midi-Pyrénées. Nous écouterons le Cantique de Syméon, sans doute avec beaucoup d'émotion. Il avait manifesté le désir qu'il soit chanté pour ses obsèques. L'ensemble des choristes qui l'accompagnent aujourd'hui et qui lui offrent des obsèques triomphales, le lui offriront comme dernier adieu.

« Laisse, Seigneur, ton serviteur s'en aller en paix ; car mes yeux ont vu ton salut...
« Lumière pour éclairer les nations et gloire d'Israël ton peuple ».

Le Père Amesland repose en paix maintenant puisqu'il repose en Dieu. Mais il a connu une longue et douloureuse agonie. Agonie, c'est un mot grec, qui signifie combat. Le combat contre la mort ne lui a pas été épargné même si, pendant de longs mois, il a manifesté une énergie et une volonté incroyables. Nous tous, un jour, nous connaîtrons ce même combat contre la mort, mais nous ne pourrons pas dire à notre entourage ce que nous ressentons et comment nous le vivons. Ce sera l'heure de la suprême impuissance.

Depuis la fête du Sacré Cœur, le 15 juin, puis pour la fête de saint Jean Baptiste, le 24, j'avais pris l'habitude de lui chanter l'une ou l'autre antienne ou un verset de l'hymne de ces fêtes. Je les lui chantais dans le texte latin et en grégorien. Il souriait, ne pouvant plus communiquer. Au cours des dernières heures, je lui disais : je ne connais pas la musique du Cantique de Syméon que tu as composée. Je vais le chanter, comme autrefois, à l'office de complies, quand nous étions au Séminaire. « Nunc dimittis servum tuum, Domine ». Je pense qu'il entendait. Comprenait-il et pouvait-il s'y unir ? Quel mystère qui me laisse sans réponse !

Le Seigneur m'a fait la grâce de recueillir son dernier soupir et de lui fermer les yeux, samedi à 10h07. Je récitais à son oreille la prière de Jésus sur la croix :

« En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum ».

Le Père Amesland vient de vivre sa pâque, son passage à Dieu. L'Eucharistie que nous célébrons nous fait entrer, par la foi, dans le mystère pascal de Jésus dont nous faisons anamnèse, c'est-à-dire le mémorial. L'acclamation, tout à l'heure après la consécration, est une autre composition du Père Amesland.

Toute sa vie durant, il n'a cessé d'inculquer à des centaines, peut-être même à des milliers de personnes, la beauté de la liturgie par la beauté du chant. Pour la gloire de Dieu. Il a mis en pratique ce que saint Augustin, commentant le psaume 150, dit d'une assemblée qui chante :

« Chantez au Seigneur un chant nouveau. Tu chantes ? Oui, tu chantes ; mais il ne faut pas que ta vie porte témoignage contre tes paroles. [...] Tu cherches quelles louanges lui chanter ? [...] Sa louange est dans l'assemblée des fidèles. La louange de celui que l'on veut chanter, c'est le chanteur lui-même. Vous voulez dire les louanges de Dieu ? Soyez ce que vous dites. Vous êtes sa louange si vous vivez selon le bien ».

Choristes de la Schola Notre Dame, de la chorale diocésaine, choristes de partout, en vous apprenant à bien chanter la louange de Dieu, le Père Amesland vous apprenait à vivre selon le bien. C'est aussi une autre façon d'annoncer l'Évangile. Tout à l'heure, vous allez saluer son départ en lui offrant, pour la gloire de Dieu, le chœur final du Messie de Hændel.

Pour la gloire de Dieu. Il nous précède dans la vision de gloire. Dans le monde de Dieu où on n'a plus besoin de chef de chœur, il est maintenant un choriste, mêlant sa voix aux chœurs célestes pour chanter l'alléluia éternel et le Cantique de l'Agneau.

Amen.

P. Alfred Brettes

 

BIOGRAPHIE

 

  • Né à Donzacq (Landes) en 1928.
    Arrivée à Mont-de-Marsan en 1933.
    Etudes secondaires au Petit Séminaire d'Aire-sur-Adour (1939-1946).
    Baccalauréat (série littéraire) en 1946.
    Etudes philosophiques et théologiques au Grand Séminaire de Dax (Lahitte) de 1946 0 1952.
    Interruption d'un an pour le service militaire : Ecole des officiers de réserve à St-Maixent (1949- ; six mois d'application au 3 e Bataillon de chasseurs à pied, à Rastatt (Allemagne). Apprend l'allemand (1950). Au retour, apprend le néerlandais et fait un voyage à vélo en Hollande avec le père Verberne scj.
     

  • Ordonné prêtre à Dax le 28 juin 1952.
    3 ans d'études de Lettres Classiques à la Faculté des Lettres de Toulouse. Organise des voyages d'étudiants et Grèce, en Italie, en Sicile (1953-56) puis des voyages en Italie pour les élèves du Petit Séminaire d'Aire. Apprend l'italien.
    En 1955, professeur de français en 3 e , puis en 2 e , au Petit Séminaire ; de latin et de grec dans diverses classes (quelques initiatives pédagogiques).
    En 1959, 2 ans d'études d'anglais à la Fac des Lettres de Pau. Commence alors une série de 10 séjours d'été autour de Manchester (Angleterre) qui sera suivie de 3 séjours aux Etats-Unis (Californie, New York et Côte Est). Le professorat alterné de Lettres classiques et d'anglais durera 32 ans. Dès 1960, et pour 25 ans, J.A. est nommé aumônier de la Paroisse Universitaire (Lycées d'Aire et de Mont-de-Marsan), ce qui lui donne l'occasion de travaux sérieux de formation continue.
     

  • Parallèlement, Jean Amesland a étudié la musique chorale au séminaire, et la musique d'orgue et l'harmonie sous la direction de l'abbé Louis Dulucq, ancien élève de la Schola Cantorum de Paris.
    Il fonde une chorale à l'église de St-Pierre du Mont en 1948, puis une chorale franco-allemande à Rastatt en 1950, une chorale de jeunes gens à la cathédrale d'Aire en 1956 ; puis devient Maître de chapelle au Petit Séminaire d'Aire en 1963. Il va transformer la Maîtrise en une manécanterie de Petits Chanteurs qui va sillonner le diocèse (150 concerts) jusqu'en 1987. Elle fera chaque année une tournée de 10 concerts dans divers pays d'Europe, et participera aux Congrès internationaux de Paris-Bercy, de Wien, et 3 fois de Rome. Depuis 1967, chaque été, 5 ou 6 Petits Chanteurs suivront les stages de direction chorale.

  • Depuis 1969, Jean Amesland devient professeur de direction de chorale dans les stages d'été organisés, sous le direction de l'abbé Théophile Fauroux, par le Centre de Musique sacrée de Midi-Pyrénées. Il y restera une vingtaine d'années.
    En 1980, avec le père André Dupleix, il fonde un nouveau stage à Bayonne, où on enseigne parallèlement la direction chorale, l'orgue et l'utilisation liturgique de divers instruments. Chacun de ces stages regroupe chaque année de 80 à 100 personnes, et 20 professeurs. Le stage a fêté ses 25 ans en 2005.
     

  • En 1968, le séminaire d'Aire s'installe dans de nouveaux locaux à Mont-de-Marsan.
    Tout en conservant la direction des Petits Chanteurs de Thore (avec lesquels il enregistre 4 disques), Jean Amesland reprend en main la chorale mixte de St-Pierre du Mont, qui aura bientôt 50 membres (auxquels s'ajoute une chanterie de 20 enfants). Elle assure la messe hebdomadaire et 2 concerts annuels (généralement avec l'appui d'un petit orchestre de cordes et de cuivres).
     

  • En 1974, Jean Amesland est nommé responsable diocésain de Musique liturgique. Il organise chaque année une rencontre de chorales du diocèse, et une journée de présentation de cantiques nouveaux. Il se déplace dans tout le diocèse pour former des chefs, remplacer ou relancer des chorales.
     

  • Et dès 1976 commence une collaboration avec le père René Guillet (Marianiste du Collège Grand-Lebrun à Bordeaux). Avec lui, Jean Amesland organise des Congrès régionaux de chorales à Bordeaux (une fois au Stade de Lescure !). Ils fondent un 3 e stage de musique sacrée, à Bordeaux (qui durera 15 ans). Ils organisent le Sical, un Service interdiocésain de chant et animation liturgique, qui envoie des équipes travailler en Gironde, Charente (16 et 17), Dordogne, Lot-et-Garonne, et surtout Landes et Pyrénées-Atlantiques.
    Le Sical publie une revue de formation liturgique et musicale ( Nouvelles la revue avec l'accent du Midi ), dont la parution sur 36 pages atteindra le 80 e numéro, en juin 1991, avec 1000 abonnés. Elle se saborde en 1991 à la demande et au profit de la revue nationale Choristes, dont Jean Amesland devient un des rédacteurs réguliers.
     

  • En 1983, Jean Amesland est nommé responsable régional de musique liturgique, ce qui lui permet de rencontrer à Bordeaux 3 fois par an les responsables diocésains des 10 diocèses de la Région Sud-Ouest ; et à Paris, au Cnpl, 4 fois par an, ses homologues des 9 Régions de France, et les nombreuses personnalités qu'ils invitent. Il participe à l'UFFMS (Union fédérale française de musique sacrée). Après la disparition de cette association, il est amené à fonder, avec Suzanne Martin (de Clermont-Ferrand) et le père Claude Raffin (de Luçon), l'ANCOLI (Association nationale des chorales liturgiques), qui va rapidement organiser des Congrès nationaux de chorales liturgiques. Ces congrès connaissent un succès inattendu : 6000 chanteurs à Lourdes en 1986, 10000 à Paris (Bercy) en 1988, 7000 à Lourdes en 1991, 5000 à Nantes en 1995, 10000 à Lourdes en 1998. Ja sera le président de l'Ancoli de 1988 à 1992.
    A l'initiative de la Cims (Confederazione Internazionale de musica sacra), Jean Amesland participe chaque année aux congrès européens de la Cedame (Conférence européenne des associations de musique d'Eglise) de 1988 à 1992 (Strasbourg, Namur, Rome, Fatima, Budapest, Nîmes).
     

  • Entre temps, en 1987, le Petit Séminaire de Mont-de-Marsan ferme ses portes, et avec lui disparaît la manécanterie. Jean Amesland fonde alors la Manécanterie du Collège Cendrillon, qu'il passera 2 ans plus tard à Laurent Subias ; puis la Chorale diocésaine de Dax, en faisant appel à des chanteurs, souvent chefs de chorale, de tout le diocèse. Cette chorale de 60 membres va lui permettre d'aborder un répertoire d'oratorios contemporains. A l'initiative du responsable départemental de l'ADAM, et avec le soutien du Service culturel de la Mairie de Dax, des créations contemporaines de point vont voir le jour : sous la direction de Eliane Lavail, et la participation de son Ensemble vocal, la Messe pour la paix (en 6 langues) pour solistes, 2 chœurs et orgue, de Michèle Reverdy, professeur au Conservatoire Supérieur de Paris. Eliane Lavail dirige ensuite la création du Requiem de Philippe Capdenat (2 solistes, 2 chorales, 2 orgues, et orchestre de 17 percussions). Jean Amesland a longuement travaillé avec le compositeur à la mise au point du livret franco-latin.
    Vers 1995, il est nommé chevalier de l'Ordre National du Mérite, au titre du Ministère de la Culture.
     

  • Jean Amesland a été amené à écrire quelques cantiques (publiés dans la revue Voix nouvelles, et la revue Choristes) ; il a écrit de très nombreuses harmonisations de chansons profanes ; des arrangements à 2, 3 ou 4 voix de cantiques connus. Des orchestrations – généralement pour cuivres – de diverses œuvres chorales. Quelques motets et psaumes latins ou français, 4 jeux de Turbæ pour les 4 Passions, un groupe de 5 chœurs de méditation pour la Passion selon St Matthieu, un grand Magnificat en français (Magnificat de l'Origan), la Messe des Campagnes (sur des thèmes grégoriens), la Messe du Triton (pour 3 voix égales) et un Psaume 150.
     

  • Depuis avril 2000, il fait partie du Chapitre des chanoines de la cathédrale.
     

  • Depuis son arrivée à Dax, il participe activement à la vie paroissiale : catéchèse, prédication, obsèques, baptêmes, mariages, MCR, groupe biblique, et conférences.
    Il fait aussi partie de la Commission d'Art Sacré. Il en a assuré le secrétariat pendant 2 ans. Il est nommé pendant un an responsable diocésain de la PSL, puis démissionne.
     

  • Le 12 février 2003, il est nommé Prélat de Sa Sainteté. Quelques mois plus tard, atteint par la limite d'âge, il devient prêtre auxiliaire à la cathédrale de Dax, et démissionne de la plupart de ses fonctions musicales.
     

  • En juin 2005, il est élu par ses pairs Doyen du Chapitre cathédral.
     

     

     

    ENTRETIEN AVEC MONSEIGNEUR JEAN AMESLAND

    Voix nouvelles n°37, novembre 2003

     

    Prêtre du diocèse d'Aire et Dax depuis plus de cinquante ans, Jean Amesland est l'un des fondateurs de l'Ancoli et un témoin privilégié des années post-conciliaires.

     

    Voix nouvelles J'ignore si les antennes vaticanes pénètrent jusqu'aux arcanes de Voix Nouvelles. Mais à quelques mois d'intervalle, deux prêtres, fidèles collaborateurs de la revue, deviennent « Monseigneur ». Après le Père Bihan, c'est vous, Père Amesland, qui recevez une reconnaissance pontificale. À laquelle de vos multiples activités attribuez-vous ce signe de reconnaissance ?

    Jean Amesland : Les choses sont très claires. Dans la lettre qui accompagnait le parchemin, mon évêque a écrit qu'il s'agissait de reconnaître les services rendus au plan diocésain et national, en liturgie et en musique. J'étais un tranquille « maître de chapelle » au petit séminaire d'Aire, quand une de mes amies de la paroisse universitaire m'a fait rencontrer le Père David Julien, puis le Père Gelineau, au cours d'une session régionale, à Rodez, en 1967. Deux ans après, j'étais engagé dans cette session pour enseigner la direction de chorale – ce qui m'a obligé à réfléchir aux techniques d'un art que je pratiquais seulement d'instinct. À la session, on enseignait aussi la direction d'assemblée, puis la lecture publique, puis la structure de la messe. J'avais tout à apprendre des fondements de la liturgie du Concile. Dois-je avouer que j'avais passé mes cours de liturgie, au grand séminaire, à dessiner des plans de cathédrales gothiques ! Les sessions annuelles m'ont beaucoup aidé à structurer mes connaissances. Et à lier connaissance ! Quel enrichissement de côtoyer Xavier Darasse, sa mère, le Père Carol (de Monaco), Jésus Aguila, Marc Parayre, et tant d'autres musiciens !

     

    V. N. : Comment avez-vous pu concilier vos activités de professeur avec celles de musicien?

    J. A. : Dès 1968, le responsable musical de mon diocèse, trop âgé, m'a envoyé le remplacer aux nombreuses réunions qui avaient lieu à Paris à cette époque, en particulier à l'Union fédérale française de musique sacrée. Je me souviens des joutes épiques entre tenants du Concile, du grégorien, des techniques de la musique, contre ces « ignorants », Gelineau, Deiss, Reboud : presque des guitaristes à leurs yeux ! En face, Litaie, quelques organistes célèbres, et le volcanique Gaston Roussel. Un des grands avantages du professorat, ce sont les congès et les vacances : ces périodes me permettaient de circuler, de me rendre à Bordeaux, à Lyon, à Paris, et d'y rencontrer des musiciens. Bien entendu, la manécanterie m'occupait beaucoup. Concerts tous les mois, tournées à l'étranger tous les ans, deisques et cassettes, jumelages avec les chorales voisines. Et au séminaire, beaucoup de célébrations solennelles.

    Très vite, j'ai collaboré avec le Père Guillet, de Bordeaux, pour faire en région Soud-Ouest une session parallèle à celle que je fréquentais en région Midi. Dès 1974, nous avons lancé aussi les congrès régionaux, tous les deux ans. Une fois, le congrès s'est déroulé dans le stade Bordeaux, en présence de M. Chaban-Delmas !

     

    V. N. : Et l'Ancoli?

    J. A. : Encore une rencontre. Dans les réunions de responsables diocésains, il était souvent question de chorales. On déplorait leur résistance au Concile, ou leur disparition sous les coups des « tout-assemblée ». Le Père Claude Raffin (de Luçon), Suzanne Martin (de Clermont) et moi-même, soutenus par le Père Bihan, nous écrivons une définition de la chorale liturgique. Claude trouve le mot d'Ancoli (Association nationale des chorales liturgiques), et notre trio emporte la décision d'un premier congrès à Lourdes pour avril 1986. Un souvenir inoubliable ! Sous une épaisse couche de neige, nous voyons se remplir interminablement la salle des fêtes de Lourdes : 6500 personnes ! Dans la foulée, deux ans après, ce fut Paris-Bercy et ses 10000 chanteurs, et tout ce qui a suivi...

     

    V. N. :Vous êtes-vous aussi occupé proprement de liturgie ?

    J. A. : Certes, nous le faisions dans les sessions, et nous avons continué dans la session de Bayonne, qui a succédé à celle de Bordeaux. Mais, avec quatre ou cinq personnes, nous avons formé une équipe, le Sical (Service interdiocésain de chant et animation liturgique), qui, pendant une dizaine d'années, est allée donner des journées de formation liturgique dans les diocèses de Dax, d'Agen et de Bayonne, et, d'une façon générale, dans la plupart des diocèses du Sud-Ouest. Bien entendu, c'était la demande de telle ou telle paroisse. Et nous avons vu avec joie les diocèses s'organiser peu à peu pour donner eux-mêmes une formation plus systématique.

     

    V. N. : Quand je vous ai connu, vous rédigiez un bulletin régional fort bien conçu. Puis, comme ceux d'autres régions, ce bulletin a cessé de paraître pour se fondre dans la revue nationale Choristes .

    J. A. : Vous m'aviez fait constater que la multiplicité des revues provoquait une regrettable dispersion des forces. Cette remarque a été certainement la raison profonde de notre cessation d'activité après 17 ans et 77 numéros. Mais cela correspondait aussi à de réelles difficultés de notre revue, cette revue « qui avait l'accent du Midi » : un grave accident, une disparition, une baisse des abonnements. En regrettant certes les qualités de proximité de notre revue locale, je suis rentré résolument à la rédaction de Choristes , puis de Voix Nouvelles .

     

    V. N. : Vous êtes aussi un fin compositeur ? Mais je crois que vos œuvres sont rares. Pouvez-vous nous dire pourquoi?

    J. A. : J'ai écrit énormément à l'époque où je dirigeais la chorale du séminaire. Pratiquement pour chaque dimanche de l'année. Mais, vu que cette musique était dévorée immédiatement (tous les chanteurs lisaient la musique !), je n'ai jamais songé à la publier. J'avais d'ailleurs un grave complexe : n'ayant pas fait d'études sérieuses d'écriture musicale, je ne croyais pas à la valeur de mes productions. Depuis, c'est vrai, il se passe des années entre mes compositions. Probablement parce que je n'ai plus rien à dire. Peut-être aussi parce que j'ai de plus en plus peur d'écrire – d'écrire de la musique sans intérêt.

     

    V. N. : Vous exercez votre ministère à Dax, et vous avez ainsi de nombreux paroissiens « provisoires », pour le temps d'une cure. Cela rend-il plus difficile le choix d'un répertoire ?

    J. A. : Dans cette ville de cure (55000 personnes par an), le ministère a quelque chose d'enthousiasmant : près de 2000 personnes à la messe chaque dimanche, une centraine chaque soir, autant qu'à chaque conférence hebdomadaire. Nos rhumatisants ont le temps. Et ils en profitent pour faire une cure spirituelle. Bien sûr, il faut leur parler – chaque jour ! Mais le professorat m'a formé à ce genre d'exercice. Il faut aussi chanter avec eux. Et c'est là que nous constatons aussi qu'il existe finalement un fond commun, base essentiellement sur la production des années 60 à 80, et quelques éléments plus récents. Il s'agit toujours de mélodies simples, bien typées, dotées de paroles solides et compréhensibles. Il y a des exceptions : quelques horreurs... Mais l'ensemble n'est pas si mal. La difficulté pour moi commence lorsque je veux faire apprendre un chant nouveau : je n'ai pas plus de deux dimanches pour le faire répéter. Le troisième dimanche, mes paroissiens auront déjà repris le train. Peut-être iront-ils ailleurs porter la bonne nouvelle...

     

    V. N. : En pensant à l'avenir de la musique liturgique, êtes-vous inquiet ou confiant ?

    J. A. : Mon tempérament, malgré les apparences, est profondément pessimiste. Aussi je me méfie de mes inquiétudes. Elles sont réelles : diminution du nombre de chorales, vieillissement des chanteurs, transhumance de nos chrétiens vers des chorales profanes plus gratifiantes, difficulté à trouver des chefs de valeur, et disparition progressive des organistes – en dépit de toutes nos sessions. Mais les raisons d'espérer apparaissent aussi, parallèlement avec une mutation de la société : le rajeunissement des responsables diocésains, des directeurs et rédacteurs de revue, leur meilleure formation musicale, l'augmentation du nombre des musiciens – dont l'Église bénéficiera bien un jour. Et puis – je le dis sans plaisanter – les tours que peut bien nous jouer le Saint-Esprit. Méfions-nous de ses éclats de rire !

    Propos recueillis par Michel Veuthey.

 

 

 

SARLAT - Dordogne

Congrès Diocésain des Chorales Liturgiques
et hommage à Mgr Jean Amesland, co-fondateur de l'Ancoli


Congrès Diocésain des Chorales Liturgiques à Sarlat (Dordogne)

 

Dès 9h, ce dimanche 12 octobre, la cathédrale de Sarlat a été envahie par les choristes participants à ce dixième rassemblement, environ 150 venus de tout le diocèse de Périgueux et Sarlat. Chacun a pris sa place dans les bancs, selon les pancartes indiquant le pupitre : soprane, alto, ténor ou basse. Au Grand-orgue, Laurent Subias, un landais, élève du Père Jean Amesland et professeur au C.N.R. de Bordeaux, à l'orgue de chœur, Bernard Podevin, entouré de membres de l'ensemble de cuivre « In Caelis » (trompettes, trombone) et d'une flutiste, sans oublier le dynamique chef de chœurs, Pascal Laborde.

Cette journée débuta par la répétition des chants de la messe : un programme choisi parmi des œuvres écrites soit par le Père Amesland lui-même, soit par le Père Gélineau, soit encore quelques uns des compositeurs contemporains appréciés des choristes d'ANCOLI et eux aussi disparus, comme : Lucien Deiss, Charles Villeneuve, Jacques Berthier, etc. ou plus traditionnels comme Jean-Sébastien Bach et Georges-Frédéric Haendel.

Pendant la répétition on accueillait deux invités de marque : le Père Claude Raffin, premier président d'ANCOLI, venu spécialement de sa Vendée, et Madame Boris, la sœur du Père Amesland, qui accompagnait une délégation de choristes venus des Landes (où le Père Amesland résidait).

Le Père Raffin a lu à tous les choristes une lettre que, Paul Craipeau, l'actuel président d'ANCOLI adressait à tous. Puis il a présidé l'office, entouré des Pères Zanette, curé de la Cathédrale, André Béhague, ancien responsable de la Commission Diocésaine pour la Liturgie et de Philippe Demoures son successeur, qui donna l'homélie.

Après le déjeuner, les choristes se retrouvèrent pour le traditionnel « Festival », exceptionnellement pour ce dixième congrès, animé par P. Laborde (le premier ayant eu lieu en 1998), les chorales participantes ne furent pas invitées à se produire tour à tour comme les années précédentes. C'est tous ensemble, tantôt assis, tantôt debout que l'ensemble des présents répéta puis chanta les œuvres programmées, accompagnés par l'un des deux orgues de la Cathédrale. Aux orgues historiques de la cathédrale Laurent Subias interpréta deux œuvres, dont un tiento espagnol, sorte de pause musicale qui permit d'apprécier son talent et la qualité des timbres de l'instrument. Lors du précédent congrès à Sarlat, en 2004, les orgues étaient démontées, en cours de restauration, et le buffet ne montrait que de grands vides.

Le Père Raffin, le Père Behague et Pascal Laborde intervinrent au cours de l'après-midi, pour partager leurs souvenirs du Père Amesland : le premier évoqua le lundi de Pentecôte 1985 où ils créèrent l'Association nationale des chorales liturgiques que l'on désigne sous le signe ANCOLI, puis le premier rassemblement à Lourdes pour Pâques 1986 ; le second rappela aussi le congrès qui remplit le Palais omnisports de Bercy, et quelques conseils laissés par le Père Amesland : « Prenez la tenue de service », « Il ne faut pas laisser les pierres vides... », « l'Eglise qui chante, c'est toute l'Eglise, chorale, fidèles, instruments... » . C'est ce qui fut fait au long de l'après-midi. Avant le dernier chant, les Pères Zanette et Behague voulurent au nom des choristes du diocèse remercier chaleureusement Pascal Laborde qui fut pendant 10 années l'infatigable et compétent animateur non seulement de ces rassemblements, mais aussi des propositions en vue de la formation des organistes, de la chorale diocésaine. La longue salve d'applaudissements qui suivit montra, s'il en était encore besoin, combien sont appréciés son talent et sa disponibilité, au service de la musique d'Eglise. Avant de se séparer, retentit, sous sa direction, dans la cathédrale, porté par les instruments et les voix, l'Alléluia du « Messie » de Haendel.

Bernard Podevin