En mémoire d'Henri Bert

Henri Bert.jpg

Henri Bert (1927-2007).


Henri Bert à Toulouse - Cloitre des Jacobins, en 1976 - animation scolaire avec l'orchestre de chambre du conservatoire

 

Je me fais volontiers courroie de transmission pour proposer l'article écrit par Marie-Christine Couturier qui a pour objet de faire mémoire de son père Henri Bert.

Henri Bert fut le directeur des stages de formation de chefs de chœur dans le cadre de l'Université Catholique d'Angers, avec Madame Bert, Jean Poirier, Jean Jeanneteau, JeanYves Hameline, etc.

Comme co-stagiaire, Claude Raffin (Luçon) – Un des co-stagiaires car nous étions 130 la première année – fut le premier Président d'ANCOLI.

Je pense qu'Henri Bert et son équipe m'avaient assez bien formé puisque en 1967 à Orléans, je faisais partie de l'équipe de formateurs des premières sessions Église qui chante, auprès de Joseph Gelineau, puis Didier Rimaud...

Je fais donc mien cet article signé de Marie-Christine Couturier, une des filles de Henri Bert, professeur de violoncelle à l'École Nationale de Musique de l'Aveyron, formatrice d'animateurs liturgiques à Rodez.

Elle joint une photo et un Alleluia (3 vm), harmonies classiques, jamais banales où chaque voix chante vraiment.

Yves Calvez

henri Bert - Alleluia.jpg

Nous voulons, dans ces lignes, faire mémoire d'un musicien professionnel qui a humblement servi l'art et l'Église par son engagement tout au long de sa vie.
Le 25 Septembre 2007, Henri Bert est entré dans la vie éternelle, à l'âge de 80 ans, à Toulouse où il habitait depuis 1973.

Comme musicien, il était d'abord organiste, harmoniste et chef d'orchestre, devenu directeur de conservatoire successivement à Angers, puis à Toulouse.
S'investissant totalement dans cette responsabilité, il a laissé le souvenir d'un homme modeste, dynamique et bon, aussi attentif aux réalités humaines qu'aux réalisations artistiques dans ces établissements. Son « cheval de bataille » fut la pédagogie qu'il a pratiquée et enseignée avec enthousiasme !
Comme époux, père et grand-père, il a su communiquer à sa famille sa quête spirituelle profonde, son ouverture à la vie et à tous les arts, son exigence morale et esthétique... Comme catholique, il fut aussi heureux de la réforme conciliaire et artisan convaincu du renouveau liturgique.

Passionné par la polyphonie chorale, et marqué par César Geoffray, fondateur du mouvement « À Cœur Joie », responsable et formateur à son tour pour la direction chorale, dans ce même mouvement, il a bien sûr, dirigé un grand nombre d'œuvres sacrées, a capella ou avec orchestre, des maitres de la Renaissance à Honegger et Duruflé (dont il fut élève).
Peu enclin à la composition, il a néanmoins produit des œuvres à caractère pédagogique, et à la demande de sa famille, quelques pièces paraliturgiques, des alléluias et des psaumes.

Sa contribution la plus forte à la vie de l'Église fut son aide à la formation de musiciens rouvrant pour la musique liturgique.
À Angers, il aimait entendre la maîitrise de la cathédrale, et l'a parfois « accompagnée » à l'orchestre en concert.
D'autre part, l'institut catholique sollicita sa collaboration à des sessions de formation de chefs de chœurs.
Dans cette même ville, dans le cadre du conservatoire devenu national, il a créé avec son épouse, professeur d'histoire de la musique, un « institut supérieur de pédagogie » qui a formé des adultes de toute la région Ouest pour un cursus complet de plusieurs années.
Certains enseignaient déjà parfois la musique dans l'enseignement privé dont des religieuses, des prêtres, ou des laïcs... qui mirent bien sûr à profit leurs compétences au service de la liturgie... (on pourrait citer parmi eux Christian Villeneuve qui y fit ses débuts !)
A Toulouse, ce fut une joie pour lui de découvrir en famille les liturgies de qualité célébrées au couvent des frères Dominicains ! Il devint jusqu'à la fin de sa vie un paroissien fidèlement attaché à ce lieu et s'appliqua souvent à faire chanter ce répertoire : dans le mouvement des Équipes Notre-Dame auquel il appartenait, auprès des séminaristes en formation qu'il initia à la génique chorale, ou encore en paroisse, etc. II aimait en particulier les adaptations en français des thèmes grégoriens et les grands chorals auxquels répond, à Rangueil, le jeu magnifique de l'orgue !
Henri Bert appréciait également la vitalité du renouveau charismatique, la louange et la ferveur des célébrations dans les communautés nouvelles : il participa volontiers à des Week- end, retraites ou festivals d'été !

S'il a eu parfois l'occasion d'animer de grandes assemblées (célébrations aux Jacobins de Toulouse ou dans la basilique St Pie X de Lourdes...), il fut toujours heureux de rendre le moindre service : que ce soit l'accompagnement à l'orgue d'une messe dominicale en secteur rural, l'harmonisation ou l'instrumentation de chants, l'aide à la formation d'un répertoire paroissial... en fonction des demandes auxquelles il put répondre généreusement au temps de la retraite !
Lors de la célébration de sa Pâque, son épouse et ses quatre filles ont voulu préparer une liturgie « dans la magnificence de la simplicité », ainsi qu'il l'aurait qualifiée... le frère Hervé Ponsot, ami Dominicain, disait dans son homélie : « Henri, tu es l'homme de la Transfiguration, celui qui ne se rassasie jamais de voir rayonner la lumière, l'harmonie, la beauté... Cette beauté ne s'arrache pas, elle se reçoit, dans la prière et le silence émerveillé ! »

Marie-Christine Couturier-Bert